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Redemarrage moteur apres 6 mois

Tous les sujets techniques concernant l'avion, les moteurs, la mécanique du vol, les instruments.

Re: Redemarrage moteur apres 6 mois

Messagede ambassadeur le Mercredi 12 Mai 2021 21:20

Si recommandation il y a, ce n’est pas que pour le parapluie, il y a aussi des raisons !
ambassadeur
 
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Re: Redemarrage moteur apres 6 mois

Messagede gma le Mercredi 12 Mai 2021 23:52

Manu a écrit:
ambassadeur a écrit:Je ne suis pas de l’OSAC ni de la FAA pour auditer les ateliers, mais j’en connais au moins un qui applique les recommandations de stockage des moteurs, courte et longue durée !

Une recommandation n'est pas une obligation, ce n'est ni une consigne de navigabilité, ni une ALI, ni une CRM ni une règle nationale rendue obligatoire par l'autorité. Donc partant de là il n'y a pas grand chose à reprocher à un atelier qui n'appliquerait pas les tâches de stockage des moteurs. Sauf... si elle est référencée dans le programme d'entretien avec ses conditions d'application, auquel cas elle devient obligatoire.


Manu


Ceci est tout à fait exact, il faut dire aussi qu'il y a de bonnes raisons, techniques, pour ne pas appliquer les dites recommandations.
Prenons par exemple les propos de FBS, qui écrit :

FbS a écrit:
...les problèmes sur une immobilisation de ce type sont de deux ordres:

- oxydation des portées de soupapes sur celles qui sont restées ouvertes : Faire un test de taux de fuite, et tu sauras si c'est le cas ou pas, et quels cylindres sont affectés). Sur 6 mois, le plus souvent, tu arrives a rattraper le coup en démontant le cylindre et en effectuant un rodage des soupapes (pate à roder, huile de coude...), a nouveau test de taux de fuite à la sortie. Si tu arrives a le remettre dans les clous, c'est gagné (pour l'instant)

- oxydation des guides de soupapes. La, c'est plus vicieux, parce que ca se voit pas. En redémarrant le moteur, la corrosion va se nettoyer, mais le jeu des guides en sera augmenté d'autant....6 mois, un an plus tard, tu as une consommation d'huile qui grimpe, et du gaz d'échappement qui rentre dans le cache culbuteur....Et la c'est envoi du cylindre en overhaul...

Enfin, pour le reste du moteur (et particulièrement l'arbre a cames sur un lycoming), ca dépend de l'huile que tu utilisais. Si c'était de la monograde, tout va bien, elle colle bien les surfaces a froid et tout le bas moteur doit s'en etre sorti sans encombres. Si c'est de la 15W50, c'est clairement pas gagné..et notamment, surveiller si les chemises des cylindres n'ont pas pris de la corrosion profonde avece des piqures.(le mieux aurait bien sur été de mettre de l'huile de conservation, mais la aussi, c'est trop tard). La aussi, si la corrosion sur les chemises n'est pas partie avec quelques minutes de fonctionnement du moteur quand tu as pris les compressions, on s'oriente vers des cylindres a changer...



Alors c'est pas faux... Mais c'est pas juste non plus.

1) Parce qu'il va de soi qu'on fait pas un rodage de soupape sur un moteur qui n'a pas tourné depuis longtemps sur la base d'un contrôle de fuite d'un équipage mobile potentiellement corrodé, sans film d'huile et forcément pas bon. Si vous faites cette opération d'ajustage, c'est parce que vous avez un ajustage de nouvelles pièces à faire... Ce qui n'est pas le cas. Petit rappel des bases du métier mécanique, les pièces sont propres, sans traces ni coups, sans bavure, elles sont huilées. Et vous avez juste cet état de référence à retrouver.
Donc dépose des cylindres à la rigueur, si vous avez du temps à perdre, mais juste pour nettoyage et huilage soigné de la segmentation... Avec en mémoire le rappel que ce démontage-remontage risque de faire plus de tort au moteur.

2) Soyez un peu pragmatique sur la qualité des matériaux, leurs contraintes... Une soupape et son siège peuvent supporter 150 millions de cycles de réchauffement-refroidissement à delta T de 800 °C, dans une atmosphère très corrosive, le principe même de son fonctionnement étant de permettre l'oxydo-réduction des vapeurs carburées, c'est de l'acier traité +++ avec inclusion de sodium et le siège est parfois en fonte (le meilleur traitement du vieillissement pour la fonte c'est l'oxydation à l'air libre pendant 7 ans). Comment vous dire... A part que l'arrêt pendant 6 mois c'est du pain béni pour elles.

3) Donc dans la règle, on nettoie le moteur, on sèche si nettoyage au solvant, on huile (nouvelle huile, nouveaux filtres)... Et on met en route.

4) c'est quand le moteur aura tourné 1 à 2 h, en point fixe, avec des paliers de régimes permettant la stabilisation des T° (soit environ 15' par palier) qu'après complet refroidissement on fait une mesure des taux de fuite.

5) Et donc c'est seulement après une remise en route et mesure cohérente avec la règle métier des taux de fuite que tu pourras statuer sur la nécessité d'une reprise des portées de soupapes sur siège.

6) Les guides de soupape, et leur fameuse oxydation invisible... En matériaux fritté pour votre culture, c'est à dire une technique de mariage moléculaire sous forte pression, ils sont ajustés en neuf par alésage, il n'y a pas de finition par rodage. Le matériaux en question est dit "antifriction" (ce qui n'est pas réalisable par la fusion, d'où le process d'élaboration dit "frittage")... Cela signifie que dans les étapes successives du frottement de glissement qui tournerait mal, il ne connaitra pas l'étape catastrophique de l'arrachement moléculaire. Donc au pire, il va casser net à un point de rupture qui est organisé (c'est à l'épaulement)... Ce qui libère la soupape de la culasse (mais toujours rappelée par son ressort).
Vous savez ce que ça fait un guide de soupape qui casse ?... Rien !, juste plus de bruit d'explosion, vous n'avez plus de compression, la CHT chute et l'EGT grimpe au plafond, vous pouvez tourner sur les autres cylindres.
Donc les guides de soupape et la corrosion invisible... Tu oublies stp.

7) Alors en fait c'est pas les guides de soupapes qui corrodent... Ce sont les queues de soupapes, en acier, et notamment celles dont les queues ne sont pas dans les guides, car en appui sur leur siège, la partie sous le ressort est à l'air sous le couvre culbuteurs et il n'y a plus d'huile pour les protéger.
Donc ce qu'il faut faire, c'est déposer tes caches culbuteurs puis examiner les parties de soupapes sous le ressort, la partie qui doit justement entrer dans le guide quand la soupape s'ouvre. Sur cette partie de la soupape, il ne doit pas y avoir de corrosion piquante.

Sur des moteurs de bagnoles, très soucieux des normes antipollution, on limite la consommation d'huile des moteurs à pistons en créant une étanchéité au dessus du guide de soupape, cela s'appelle un joint de queue de soupape.
C'est une sorte de capuchon, en PTFE généralement, avec un ressort qui plaque une lèvre racleuse sur la queue de soupape. Quand ce joint est usé, surtout sur les culbutés avec soupape en haut, l'huile de graissage descend dans les guides, passe dans la chambre de combustion, et on se retrouve avec de la fumée bleue à l'échappement. Au passage, vous voyez que le diamètre du guide est ajusté "très large" par rapport au diamètre de la queue de soupape...
Quand la queue de soupape est piquée par la corrosion, donc abrasive pour ce joint, elle le détruit rapidement.

Mais sur Lycoming ou Continental, moteur à plat de 1930, pour des questions de fiabilité, s'il n'y a pas de joint de queue de soupape, il faut une corrosion très prononcée des queues de soupape pour que le graissage des guides soit remis en question par l'usure prématurée... Et vous comprenez d'où vient le supplément de consommation d'huile sur ces moteurs même neufs.
Le remède pour assurer une remise en route sécurisée, c'est ce qu'écrit André, c'est à dire une huile au grade supérieur en viscosité, accrochant mieux les parois (épaisseur du film d'huile augmentée).

Le gros souci des moteurs stationnés longtemps avec leur huile, c'est les impuretés dans l'huile, qui forment un agglomérat pouvant se détacher et colmater plus tard, après dilution partielle par la nouvelle huile, les conduites de graissage. Donc le problème n'est pas la remise en route, mais l'après remise en route et les 50 prochaines heures.

Ce n'est pas préconisé car il y a un fort risque de blocage hydraulique au brassage. Mais la solution la plus fiable, inscrite dans aucun SI, SB, AD et compagnie, c'est un lavage au distillat de pétrole si huile minérale, il se fait après dépose des bougies du haut et le montage d'un filtre neuf, puis brassage lent et long, pour que le solvant dilue complètement les résidus et l'ancienne huile.
Si hélice à pas variable, il faut traiter le régulateur séparément et dans une deuxième phase.
Evidement, penser à déconnecter le capillaire de pression d'huile.

Mais ça, c'est comme le fil de soie sur les carters de moteur d'avion, les spécialistes en parlent sans savoir faire et les connaisseurs font sans parler et avec maîtrise.
Il n'y a que l'exception pour faire avancer la science, la découverte se fait au moment où l'observateur remarque une anomalie... (B Vian)
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Re: Redemarrage moteur apres 6 mois

Messagede FbS le Jeudi 13 Mai 2021 20:36

de 1) a 5, je ne dis pas le contraire, ca me semmblait evident. de toutes facons, le test de taux de fuite, tu le fais sur un moteur chaud

pour le reste (les guides de soupapes), je démonte ce week end un cylindre dans ce cas : moteur qui n'a tourné que 2/3 fois en point fixe en un an, sur lequel on a du changer 2 cylindres quand je l'ai remis en route, rodé les soupapes des autres cylindres, eh bien la, un an plus tard, j'ai un souci de guide de soupape. Vu que c'est la 2 ou 3em fois que j'ai ce scénario , je me dis que c'est pas un hasard...
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